


Après « Big Mother » et « Les Crapauds fous », Mélody Mourey revient avec une création ambitieuse. « La Zone indigo » explore les dérives de notre société à travers l’intelligence artificielle, dans une mise en scène aussi vive qu’efficace. Notre critique.
Lorsqu’un cachalot équipé d’enregistreurs s’échoue sur la côte atlantique, la bioacousticienne Cléo Marson et son équipe sont chargées d’enquêter sur l’origine de cette tentative d’espionnage. Ils ignorent que leurs découvertes pourraient les amener à fuir leur pays, bouleverser l’ordre mondial et mettre des millions de vies en péril.
La Zone indigo est un thriller d’anticipation qui suit un petit groupe de chercheurs, tous confrontés à un même dilemme : pour résister, faut-il fuir ou rester ?
Des scientifiques et des linguistes qui luttent contre le fascisme, des cétacés qui communiquent avec les humains, un gouvernement qui pose ses pions pour toucher aux droits civils… Prenez une grande respiration, et c’est parti ! Vous ne le savez pas encore, mais vous allez être happé par une pièce qui file à 100 à l’heure. Avec Mélody Mourey, ça va vite, très vite. Pour la metteuse en scène, le rythme est un langage : le débit est là, les références sont multiples, et les scènes se bousculent comme un domino, nous poussant à la réflexion ou nous arrachant un rire.
Dans cette dystopie écologique, le propos repose principalement sur une réflexion : l’intelligence artificielle est-elle réellement le problème ou ne fait-elle que révéler des dérives déjà présentes dans notre société ? À mesure que La Zone indigo apparaît, les questionnements naissent pour infuser jusqu’aux dernières minutes du spectacle. Comme une façon de prolonger la tension installée au début de la pièce.
Le décor, lui, est composé de projections vidéo et de flux de données scientifiques, appuyant bien l’idée que l’on vit dans un monde surveillé, mais surtout saturé d’images et d’informations que l’on ne saisit pas toujours, que l’on n’interroge pas. Au point d’en devenir étouffant. Très fort.
Du mardi au samedi, à 21 heures
Matinée le dimanche, à 15 heures
13:00