


Au fil d’une fable loufoque et mélancolique, le collectif Greta Koetz imagine une maison de campagne aménagée en lieu de soin, où une étrange maladie réunit une poignée d’individus autour d’une même soif de commun.
À la fin des années 30, un petit groupe de malades essaie de faire vie commune dans une maison isolée. Devant une unique cloison tapissée d’un papier peint à motifs, un banc et des chaises – longue, roulante ou de jardin – accueillent ces victimes d’une maladie qui a pour réputation de transformer les gens en hérissons. Là, entre moments de soins, ateliers de fanfare ou de tir au fusil, se construit tant bien que mal un lieu d’utopie sans cesse menacé par la mort qui rôde.
Pour cette création, le collectif belge Greta Koetz s’inspire d’un conte du philosophe Arthur Schopenhauer, comparant les humains aux hérissons en hiver, partagés entre le besoin de se rapprocher pour se réchauffer et le danger de se blesser avec leurs piques. Réflexion sur la notion même de collectif, Le Mal du hérisson conjugue écriture au cordeau et improvisation débridée, farce et tragédie, musique et gais tintamarres, pour lutter contre la sensation d’enlisement qui nous envahit parfois.