Une nuit, dans un pays qui sort à peine de la dictature, une femme croit reconnaître dans un invité l'homme qui l'a torturée des années plus tôt.
Avec son mari, un avocat tiraillé entre la loi et sa conscience, elle décide de le faire parler, quoi qu'il en coûte.
La tension grimpe, les versions se retournent, les rôles se brouillent : victime, bourreau, témoin... qui ment, qui dit vrai, et jusqu'où oseront-ils aller pour obtenir justice ?
Andrea Castro, puisant dans ses racines chiliennes, explore les mécanismes de domination et les traces des violences politiques à travers La Jeune Fille et la Mort. La pièce interroge justice, mémoire et pardon, plaçant le spectateur au coeur d'un dilemme universel et moral. Une scénographie épurée déploie cubes de bois blanc et voiles translucides, symboles de l'ordre judiciaire, du silence et des seuils de la mémoire. Le clair-obscur révèle la vérité par fragments, dans un espace frontal qui se transforme en tribunal abstrait. Le spectateur devient témoin et juré, face à des personnages hantés par l'Histoire et leurs contradictions. Par son épure rigoureuse, la mise en scène questionne l'héritage de la violence collective et la fragilité de la justice.