


Ouverture nocturne des trois expositions monographiques.
Exposition.
Dans le cadre de sa saison de réouverture après quatre ans de rénovation de ses espaces, le Centre culturel suisse propose aux publics de découvrir trois expositions monographiques d'artistes majeures de la scène suisse et de différentes générations : Akosua Viktoria Adu-Sanyah présente "no flowers" : explorant la relation entre impression photographique manuelle, IA et distorsions visuelles, "no flowers" engage une réflexion sur le deuil, l’absence et la violence des institutions médicales.
Ingeborg Lüscher présente "Flammes" : retraçant la pratique pionnière de l'artiste depuis les années 70, l'exposition convoque la force créatrice et indocile du feu, de l'embrasement aux cendres. Mai-Thu Perret présente "Othermothers" : composant un espace cosmique peuplé de déesses puissantes et lumineuses, l'exposition imagine de nouvelles mythologies collectives et émancipatrices.
Akosua Viktoria Adu-Sanyah, "no flowers"
Première exposition monographique en France d’Akosua Viktoria Adu-Sanyah (née en 1990, vit et travaille à Zurich), "no flowers" engage une réflexion sur l’absence, le deuil et la violence inhérente aux systèmes médicaux et technologiques. Des photographies analogiques de bouquets de fleurs séchées constituent la base matérielle du projet. En 2022, certaines ont été traitées par un système génératif d’images sans prompt, produisant des mutations visuelles retranscrites ensuite sur négatifs et imprimées en chambre noire. Elles côtoient les fragments du parcours médical du père de l’artiste et des observations cliniques rédigées par son dernier médecin à Accra. La répétition de fleurs, parfois intactes, parfois altérées, entoure la figure du père comme un geste posthume : non pas une conclusion, mais une présence. Entre désorientation, persévérance et attention, "no flowers" compose un espace de résistance à la disparition par la présence matérielle de l’image.
Ingeborg Lüscher, "Flammes"
Du soufre à la cendre, des braises aux volutes de fumée, "Flammes" explore la vitalité du feu et sa puissance créatrice et indocile. Retraçant la pratique d’Ingeborg Lüscher (née en 1936 en Allemagne, vit et travaille au Tessin), l’exposition dévoile le rapport à l’embrasement qu’a développé l’artiste depuis ses premières expérimentations jusqu’à nos jours. Ingeborg Lüscher débute à la fin des années 1960 une recherche plastique, picturale et performative qui ne la quittera plus. Elle déploie également une pratique photographique unique, documentant ses proches, ses rencontres et les paysages parcourus lors de ses voyages et dans son quotidien. Dès 1975, l’artiste compose également des œuvres conceptuelles et autobiographiques autour du hasard, de l’amour ou des rêves. "Flammes" explore l’ardeur d’une riche carrière artistique nourrie par une quête continue de la transformation, un intérêt profond pour la matière, les corps et les processus cycliques de la destruction au renouveau, de l’absence à la renaissance.
Mai-Thu Perret, "Othermothers"
Depuis la fin des années 1990, Mai-Thu Perret (née en 1976, vit et travaille à Genève) déploie une recherche plastique et théorique, entrelaçant références historiques et culturelles, récits alternatifs féministes et savoir-faire techniques. Première exposition institutionnelle de l’artiste à Paris, "Othermothers" nous transporte dans un espace-temps cosmique. Univers matriciel peuplé de divinités puissantes et de créatures espiègles, l’exposition convoque une histoire chimérique de la représentation, introduisant une nouvelle généalogie de déesses. En passant du son à la céramique, du bronze au néon, de la tapisserie au verre soufflé, l’artiste hybride les matières et les mythologies. Déployant un regard à la fois critique et spirituel, "Othermothers" convoque de nouvelles cosmogonies dissidentes et la possibilité d’une narration contemporaine mutante et sororale.
Commissariat de Claire Hoffmann et Tadéo Kohan.
16:00- 20:00